Gilles Poupardin, Sencities : « nous cherchons une nouvelle manière de suggérer l’information »

* Publié par Matthieu Dailly le Lundi 30 Novembre 2009

// <![CDATA[// Gilles Poupardin est le fondateur de Sencities, un guide de sorties doté d’un moteur de suggestions peu ordinaire. Dans cet entretien, il revient sur les objectifs de la société et sa conception du « Web des émotions ».

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MD – En quoi consiste Sencities et comment êtes-vous arrivé à cette idée du Web des émotions?

GP – Sencities est le premier guide de sorties pour trouver des lieux suivant ses émotions ( restaurants, bars, boites de nuit ). Nous sommes partis du principe que lorsque l’on veut trouver un lieu, on est dans une ambiance, un état d’esprit. Or les guides de sorties qui existent aujourd’hui, bien qu’ils aient des bases de données bien fournies, proposent tous le même système sous forme d’onglets ou de barres de recherche. Finalement, il faut avoir une idée précise de ce que l’on recherche pour trouver l’information.
Nous avons donc réfléchi à un moteur de suggestions émotionnel, qui permettrait de trouver des résultats en fonction d’un état d’esprit. Pour ça nous avons créé une signalétique basée sur des formes, des couleurs et des matières qui représente une ambiance. L’utilisateur n’a plus qu’à cliquer sur ces symboles pour se voir proposer des suggestions de sorties.

MD – Une sorte de Google des émotions?

GP – On en est pas là. Ce n’est vraiment qu’un prototype de moteur de suggestions. Nous réfléchissons simplement à un nouveau mode de navigation, notamment pour des contenus « loisirs et sorties ».

MD – Comment avez-vous crée les algorithmes ou la façon dont vous illustrez les émotions?

GP – Il y a deux niveaux. Le premier consiste à savoir comment représenter une émotion, ce qui est un sujet très vaste. Nous sommes partis de travaux de recherche, mais aussi de travaux utilisés par des artistes pour véhiculer l’émotion. Ensuite il faut comprendre « l’univers de la sortie », pour relier la signalétique à son atmosphère.

MD – Pourriez-vous citer les laboratoires qui participent à ce type projet?

GP – Nous n’avons pas travaillé avec ces laboratoires pour créer la signalétique, mais nous entamons des collaborations avec le Lip6 et le Lutin sur différents appels à projets, notamment sur des problématiques de navigation urbaine.

MD – Quel est votre modèle économique ?

GP – Sur la partie guide de sorties, nous avons trois sources de revenus. Une première, de type alerte d’actualité , qui consiste en des messages ciblés directement envoyés par les restaurateurs sur internet et bientôt sur mobile, puisque nous préparons la sortie d’une application iPhone. À côté de ça, nous sommes affiliés à Lafourchette.com, qui nous reverse une commission à chaque fois qu’une réservation est effectuée depuis notre plateforme. Et puis nous avons un système d’abonnement annuel pour les restaurateurs et les propriétaires de bars qui veulent, par exemple, augmenter leur visibilité sur le site ou plutôt augmenter la qualité de leur fiche ( menus, photographies officielles… ), puisque l’on reste objectif dans les résultats.

MD – Quelles autres applications du web des émotions envisagez-vous ? La réalité augmentée, par exemple?

GP – Pour l’instant nous ne sommes pas encore sur la réalité augmentée. En revanche, cela fait parti des choses que nous regardons, notamment sur la partie mobile.

MD – Y a-t-il des dangers dans le fait d’utiliser les émotions des internautes pour de la publicité?

GP – C’est un sujet sur lequel on réfléchit beaucoup au niveau éthique. Je ne pense pas que ce soit le cas dans ce que l’on tente de créer aujourd’hui. C’est plutôt une manière poétique de rechercher des contenus, d’être surpris par de nouvelles choses. Nous n’en sommes pas à des analyses drastiques des émotions des utilisateurs. Ce que la plateforme Facebook fait en termes d’émotions, je ne pense pas non plus qu’elle l’utilise pour manipuler les internautes. Nous cherchons une nouvelle manière de suggérer de l’information. Aujourd’hui l’émotion est présente dans la vie de tous les jours, nous essayons de la transposer sur internet de la manière la plus naturelle qui soit.

MD – Quel a été l’intérêt du public vis-à-vis de votre service et peut-être de certains investisseurs?

GP – Nous avons eu de bons retours de nos premiers utilisateurs qui trouvaient les résultats pertinents. C’est un premier signal positif qui nous encourage à continuer à améliorer le moteur. Nous sommes aussi en train de discuter avec des investisseurs afin de réaliser une levée de fonds.

MD – Est-ce que Sencities est un remède à l’infobesité ?

GP – Je ne dirais pas forcément ça. Mais nous sommes partis du principe que, submergés d’informations, les gens aspirent peut être, tout simplement, à accéder aux contenus qui correspondent le plus à leur état d’esprit. Un remède à l’infobesité, non. Mais une manière d’accéder poétiquement à des contenus surprenant, peut-être.

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