Se mettre à l’écoute des gazouillis de la twittosphère locale

A en croire le titre d’un article publié sur blog-territorial (communication & collectivités), « Twitter se propage dans les collectivités ». Après vérification, l’utilisation du célèbre réseau social de microblogging par les institutions publiques territoriales ne concerne qu’une toute petite minorité d’entre elles. Muni du moteur de recherche et de la nouvelle fonction de gestion de listes de Twitter, nous avons pu répertorier 37 comptes officiels de collectivités locales (voir la liste @LoicHay/collectivites-locales/members), tous échelons territoriaux confondus (7 conseils régionaux, 5 conseils généraux, et 25 communes de toutes tailles).

La propagation annoncée est donc toute relative …

Sans doute s’amplifiera-t-elle à mesure de la croissance du nombre des utilisateurs de Twitter (12 millions estimés), et en particulier de celle des utilisateurs français (125 000 estimés) ? Pour rappel et à titre de comparaison, Facebook rassemble aujourd’hui plus de 300 millions d’adeptes, dont 13 millions de français.

Sans doute que la médiatisation de Twitter en France (voir le dernier épisode hyper-médiatisé autour de #jeansarkozypartout) apportera son lot de nouveaux utilisateurs, mais surtout que les collectivités découvriront progressivement tous les avantages qu’elles peuvent tirer de leur utilisation de cette plate-forme. D’autres, moins bien intentionnés, en sont conscients : nous avons détecté, au cours de nos recherches, des tentatives non dissimulées de cybersquattage de comptes Twitter telles que @mairieparis, @mairietoulouse ou @mairiemarseille.

Sans doute que de nombreuses collectivités sont toujours en attente (elles observent, elles évaluent et se questionnent) avant d’assurer une présence et d’apprendre à se positionner au sein de la twittosphère. S’engager sur la voie d’une communication dialogique au sein d’un réseau social en ligne, développer des interactions, voire animer une communauté n’ont rien de naturel pour les institutions locales. Certaines, déjà présentes, se contentent ainsi de relayer leurs informations pour ne pas trop s’exposer aux dangers présumés de relations trop directes avec les citoyens, les habitants, ou les usagers des services publics.

Pourtant, c’est bien dans les échanges que le potentiel d’usage de Twitter peut véritablement se révéler. Mais aussi dans l’expérimentation de micro-actions. Par exemples, le tag #rennes permet de cristalliser le dialogue entre les habitants et avec la ville, la ville de Toulouse propose une liste de comptes d’acteurs locaux @mairie_toulouse/toulouse-pratique, le conseil général de Seine-et-Marne s’appuie sur @77enprojets pour compléter son dispositif en ligne visant à co-construire l’avenir du département, etc …

Parallèlement aux collectivités, tout comme dans le développement du web local, d’autres acteurs, individuels ou collectifs, s’investissent dans la twittosphère locale. Les médias, en particulier la PQR (voir la liste @sbailly/medias/members), diffusent leurs informations de proximité. Les blogs locaux d’initiative citoyenne consolident leurs conversations et augmentent leur audience via des comptes Twitter (voir la liste @grebert/webcitoyen/members). Mais Twitter, via ses fonctions de recherche avancée et son interface de programmation (API), permet aussi de rendre visible une forme assez inédite de l’expression locale en ligne : celle de tous ses utilisateurs et en temps réel !

Il est en effet possible d’isoler et de rassembler l’ensemble des gazouillis (les tweets ou micro-messages publiés sur Twitter) concernant un territoire en opérant des filtres sémantiques (mot-clés) et/ou géographiques (paramètres de localisation des comptes). C’est en exploitant cette capacité que deux blogueurs-développeurs nantais, @FGRibreau et @simonrobic, ont depuis peu mis en place des interfaces web d’agrégation locale, déployées aujourd’hui sur 15 villes françaises (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Lille, Nantes, Rennes, Brest, Grenoble, Strasbourg, Nice, Montpellier, Cannes, Angers), qui permettent de suivre l’ombre portée d’un territoire « en direct de Twitter ».

Avant eux et dans une optique plus artistique, le collectif We Love The Net a réalisé Stweet, une application hybride (mashup) qui, en croisant Twitter et Google Street View, permet de géolocaliser et de visualiser les micro-messages (tweets) dans un panorama photographique urbain.

Ces initiatives font écho avec nos expériences événementielles de murs contributifs et, plus particulièrement, avec le prototype de TwittyWall imaginé par @CharlesNepote de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) dans le cadre du programme Villes 2.0. Mais, elles démontrent surtout concrètement que le territoire numérique peut devenir (est déjà) un territoire partagé qui se nourrit de tout ce qui s’exprime dans l’entrenet local. A chacun de trouver sa place et de jouer son rôle, mais à condition de le faire ensemble et au bénéfice de tous.

Dès lors, cette perspective implique de faire un premier pas : se mettre à l’écoute des gazouillis de la twittosphère locale !

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