Le 3999 tente de bousculer le marché du renseignement téléphonique

Business – Ce service multi-supports se focalise sur les renseignements professionnels et les informations pratiques. Sa force par rapport au 118xyz : la gratuité.

Une chose est sûre, depuis la disparition du 12 en 2005, la nouvelle concurrence (les fameux numéros en 1118xyz) n’a pas vraiment profité de la manne financière des renseignements téléphoniques.

En 2004, le 12 avait reçu 270 millions d’appels et engrangé 300 millions d’euros de revenus. Quatre ans plus tard, les 118 ont reçu 121 millions d’appels, pour un chiffre d’affaires de 159 millions.

Internet est passé par là, le Web est désormais le premier outil pour obtenir un numéro de téléphone (66% des recherches), mais ce n’est pas tout. Comme le confirme une étude de l’Ifop, ces nouveaux services sont jugés trop compliqués (donc déceptifs) et surtout bien trop chers.

Trop chers

55% des sondés estiment que le coût des 118 est prohibitif, du coup, seulement 37% des Français ont utilisé au moins une fois ce type de service et 23% plusieurs fois. Pire, les utilisateurs réguliers estiment eux-aussi que les 118 sont trop chers (à 71%).

C’est en partant de ce constat que Jean Rouch a eu l’idée de monter le 3999, un nouveau service de renseignement. Débarquer sur un marché déjà bien encombré (une vingtaine d’acteurs sont déjà présents) et en baisse n’est-il pas une gageure ?

En fait, le service tient à se démarquer sur plusieurs points. On remarquera d’abord qu’il ne s’agit pas d’un 118. « Nous ne sommes pas un annuaire mais un service de recherche, par ailleurs, nous ne fournissons que des renseignements professionnels, enfin, il n’y pas de personne physique qui répond à l’utilisateur mais un système de reconnaissance vocale », explique le président du 3999.

Surtout, le service est totalement gratuit pour l’utilisateur (obtention du numéro et mise en relation). L’appel est facturé comme une communication locale ou bien est intégré aux forfaits des box Internet et Internet mobile (à partir de janvier prochain).

Enfin, le 3999 est multi-supports, il est accessible depuis le téléphone mais aussi sur Internet et par SMS.

On l’a dit, seuls les renseignements professionnels sont disponibles. Mais quelle est la base de données ? Le p-dg explique avoir acheté la base France Télécom (environ 400 000 entreprises) enrichie par différentes bases de données professionnelles. La société prospecte également les entreprises qui ne sont plus abonnées chez l’opérateur historique.

L’utilisateur a également accès (par téléphone ou sur le portail Internet) à des informations pratiques (météo, bourse, le tout personnalisable) et prochainement aux programmes des spectacles.

Référencement

En proposant un service 100% gratuit, comment le 3999 gagne-t-il sa vie ? D’autant plus qu’il n’y a pas de publicité sur le site Web. « Nous proposons aux commerçants une nouvelle manière de communiqué et d’enrichir leur présence dans le service avec des descriptifs détaillés, des informations géolocalisées, des contenus multimédias… pour 96 euros par an soit 8 euros par mois », nous précise Jean Rouch.

« Et l’entreprise est libre de mettre à jour ces contenus quand elle le souhaite, sans passer par un intermédiaire », ajoute-t-il.

Par ailleurs, les membres payants bénéficient d’un programme AdWord permettant à leurs sites Web d’être mieux références sur la page de recherche de Google.

C’est ici que l’entreprise espère générer des revenus, en recrutant des professionnels pourtant déjà bien sollicités par le géant PagesJaunes. Mais il est vrai que les tarifs proposés par le 3999 sont bien inférieurs de ceux pratiqués par le géant des renseignements (850 millions de visites par an).

Pour le moment, cette base enrichie est quasiment vide. Et pourtant, le service a besoin de 70 à 80 000 professionnels abonnés pour parvenir à son point d’équilibre. « L’objectif est d’atteindre ce seuil dans un an et demi », ajoute le p-dg.

L’effort est donc mis dans la prospection et dans la publicité. Pour le moment, le 3999 a nécessité un investissement de 4,5 millions d’euros. Il lui faudra néanmoins convaincre, au-delà de la gratuité (la reconnaissance vocale n’est pas appréciée par tous…), une cible qui demeure sceptique face à ces remplaçants du regretté 12.

Par Olivier Chicheportiche, ZDNet France

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