Les sites de covoiturage roue dans roue pour séduire les conducteurs

Green-IT |

<!– Billet star |–> par Baptiste Roux Dit Riche | Cleantech Republic | 17.03.09

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« C’est un beau roman, c’est une belle histoire, c’est une légende d’aujourd’hui…» Au firmament de la carrière de Michel Fugain, le covoiturage s’appelait le stop, le passager portait cheveux longs et chemises à fleurs et le conducteur le véhiculait par pure philanthropie. Depuis cet âge d’or, tout a changé. Le covoiturage se négocie désormais en ligne, affiche ses performances écolos et a donné naissance à un marché fortement concurrentiel. Retour sur un secteur qui s’agite à cent à l’heure.

Une dizaine de sites, 35 millions d’automobilistes

Convivial, le covoiturage est avant toute chose un moyen simple de partager ses frais de transports tout en soulageant l’air ambiant d’un pot d’échappement de plus. A l’origine peu développé en France, le modèle a donné des idées à plusieurs web-entrepreneurs au début des années 2000. Tous proposent aujourd’hui des sites où le conducteur peut trouver, pour un trajet précis, son passager, et vice et versa.

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L’accès aux différents sites est en général gratuit, mais la négociation du prix du voyage varie en fonction des règles de la maison. « Nous ne rentrons pas dans la transaction, les gens se payent entre eux. Par contre, nous proposons une grille indicative de tarifs. Les passagers payent l’essence et le péage, le conducteur ne paye que l’entretien de son véhicule. Le Paris-Lyon revient ainsi en moyenne à 30 euros », explique Frédéric Mazzella, PDG de Covoiturage.fr. Son concurrent Roulezmalin.fr préfère lui s’appuyer sur la calculette de l’Ademe. Le kilomètre se négocie alors à environ 40 centimes d’euros, que l’on soit conducteur ou passager.

Gratuit, le service proposé par les sites décline dès lors toute responsabilité en cas de pépin. « Notre responsabilité est nulle puisqu’on ne transporte pas les gens, il s’agit d’une pure mise en relation », explique Frédéric Mazzella. Les mauvaises surprises ne seraient néanmoins pas légion, si l’on en croit Olivier Branellec, fondateur de Roulezmalin.fr : « Pour l’instant, nous trouvons les covoitureurs plutôt sages. Nous n’avons jamais eu de problèmes. Evidemment, un jour il y aura forcément un cas qui fera alors jurisprudence ».

Toucher les internautes pour convaincre les professionnels

Pour tous ces sites, l’activité grand public ne reste qu’une vitrine. « 123envoiture est un laboratoire d’essai pour capter des utilisateurs. Ce sont les outils professionnels qui ramènent 95 % de notre chiffre d’affaires », explique Arnaud Sarfati, PDG de GreenCove.

Des sites qui sont alors spécialement conçus pour les salariés et/ou clients des entreprises mandatrices. Un marché sur lequel chacun affiche ses clients-références : Stade de France et Conseil général du Finistère pour Roulezmalin.fr, Vinci Park et Maif pour Covoiturage.fr ou encore Renault et BNP-Paribas pour GreenCove (123envoiture). Selon nos chiffres, un projet pour une collectivité pourrait ainsi se négocier entre 10 et 40 000 euros pièce. Les nouveaux arrivants ayant tendance à « casser » le marché.

Qui dit concurrence, dit positionnement. Dans le domaine du covoiturage, la stratégie se joue notamment sur le type de trajet ciblé. Roulezmalin.fr et 123envoiture.com se présentent ainsi comme des spécialistes du transport travail-domicile qu’ils considèrent comme crucial, car le plus polluant. Au contraire de Covoiturage.fr qui mise davantage sur les longues distances, avec un trajet moyen de 255 km. Petits ou longs trajets, l’économie en termes d’émissions de CO2 est substantielle, une voiture émettant en moyenne 140 g de CO2/km.

Le covoiturage au service de l’inter-modalité

La grosse tendance du moment est bien évidemment le web communautaire. Dans le désordre : Roulezmalin.fr mise sur une future application Facebook et sur son site dédié aux festivals ; Covoiturage.fr travaille à l’enrichissement de son réseau social interne (profil, photos…) ; tandis qu’123envoiture.com réfléchit à sa présence sur les mobiles et propose déjà une plate-forme téléphonique de réservation.

Des spécificités qui aideront à rester dans la course. « En 2009, le marché devrait être bouleversé. Il ne va rester que cinq ou six acteurs », prédit Olivier Branellec de Roulezmalin. De son côté, Frédéric Mazzella de Covoiturage.fr  donne le ton : « On espère multiplier notre activité par quatre en 2009 ». Pour cela, il faudra assurer la complémentarité de sa plate-forme avec d’autres modes de transports éco-responsables (train, autopartage…), comme c’est déjà le cas avec le centre MobiWay de la Défense. Tous suivront ? Pas sûr. Seul gagnant assuré de cette future bataille en ligne : l’environnement.

Création de la FEDUCO, la Fédération du Covoiturage

En septembre 2008, les acteurs du covoiturage ont décidé de former une fédération, afin de faire connaître aux pouvoirs publics leurs revendications. Celles-ci concernent notamment les mesures fiscales pour leurs usagés. Douze acteurs du covoiturage en France sont membres de cette fédération. Elle pourrait également prochainement permettre l’unification de toutes les annonces.

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