Where 2.0 édition 2009, la conférence des presque géomaticiens

26/05/2009 — Luc Vaillancourt

Where 2.0 2009BALIZ-MEDIA.com était partenaire média de la cinquième édition de la conférence Where 2.0 organisée par la firme d’édition O’Reilly et s’est tenu les 20 et 21 mai dernier à San Jose, Californie.

La conférence Where 2.0 a une aura qu’aucune autre conférence n’a. C’est la conférence des hackers et néo-géographes, des startups comme des géants, de la modernité, du « topnotch » et de « cutting edge », des magazines techno. et du Web 2.0, du rêve américain et de la Silicon Valley, directement à la source quoi…

C’est l’impression que j’avais avant d’y aller. C’est aussi ce que j’en pense maintenant. Par contre, rien de renversant ou aucune surprise. Peut-être que l’explosion des sources d’informations en continu et moyens de communication de notre époque (magazines en ligne, blogues, réseaux socio-professionnels et flux de messages comme Twitter) démystifient au jour le jour les progrès techniques, sociétaux, commerciaux et communautaires des TIC et du Web en général et du géospatial en particulier.

Soulignons que c’est une conférence qui aborde que très peu la géomatique et les SIG conventionnelles. C’est une conférence majoritairement sur le GéoWeb, le GeoSearch et la publicité, la mobilité et les services basés sur la localisation (LBS – Location Based Services) et l’informatique décisionnelle géospatiale (LI – Location Intelligence).

J’aime le format, une seule scène, sur laquelle défilent les présentateurs qui ont en moyenne 15 minutes pour livrer leur message, les plus importants ou chanceux ont jusqu’à 30 minutes.

Il m’est impossible de résumer tout ce qui s’est dit sur scène lors de Where 2.0. Je souligne toutefois ces grandes tendances confirmées par plusieurs présentations allant dans le même sens :

1. Tout le monde se sent maintenant obligé d’offrir un ou des APIs (comme Google Maps API) pour que la communauté de développeurs daigne peut-être exploiter leur offre dans leur propre contexte;

Jack Dangermond2. On s’est longtemps fait rabattre les oreilles avec le LBS pour « trouver un café pas loin », est bien la localisation mixée aux réseaux sociaux mixés aux écosystèmes de commercialisation d’applications iPhone (App. Store), Android Market et NOKIA rendent maintenant tout cela possible et performant;

3. La masse de données qui s’accumule sur les déplacements et autres données statistiques a maintenant plus que jamais besoins d’outils de visualisation riche (animation et 3D) ainsi que de technologie de forage, exploration et reporting. Vive le BI géo;

4. L’infrastructure SIG Web, largement composée de technos ESRI, est maintenant disponible pour une coopération avec le GeoWeb et participer à de vrais mashups utiles. Jack a bien fait d’insisté sur le fait que « il faut maintenant exploiter les milliards de dollars investis dans les SIG municipaux, régionaux et nationaux dans le GeoWeb »;

5. Je ne sais pas mais moi, je laisserais les Américains prendre la majorité des grands risques, souvent avec l’argent des autres (capital de risques), en les laissant explorer les possibilités du B2C tant technologiquement que pour le modèle d’affaires… il y a tant de choses à faire en B2B (ou I2I, I2B) et du côté du e-government.

LES GRANDES ANNONCES

Where 2.0 est une excellente vitrine pour annoncer un nouveau produit ou service axé Web ou mobilité, pour le type d’auditoire en salle mais aussi, surtout et de plus en plus, pour les lecteurs ailleurs dans le monde des gens qui communiquent et relaient l’information sur le Web instantanément.

J’ai publié plus tôt cette semaine des billets sur les annonces de :

NOKIANOKIA présente le dernier Ovi Maps et lance Ovi Maps Player API;
GoogleGoogle lance l’API Google Maps Data et la Maps Ad Unit;
Yahoo!Yahoo! annonce GeoPlanet Data et Placemaker.

LA STAR DU MOMENT

Steve CoastQui, parmi tous ces gens, représentants des compagnies, organisations, mouvements et produits, est actuellement le plus « hot » ?

C’est Steve Coast (a.k.a. Stave C.).

Il est à l’origine du mouvement de collaboration de masse dans la production volontaire (professionnelle ou amateur) d’information géographique principalement routière OpenStreetMap.

Il est maintenant sérieusement en affaires avec la startup CloudMade. L’offre de CloudMade vise à offrir une alternative à Google Maps API mais en exploitant un stack logiciel OpenSource et les données d’OpenStreetMap.

Il a donné une bonne conférence (voir ici) où j’ai particulièrement aimé ses 2 dernières minutes (minute 14:40) alors qu’il lance des phrases comme :

– Think of what Openness means to you.
– Google Map Maker is Open but there’re restrictions on the licence.
– GeoPlanet is amazing but there is still dependency on Yahoo! Itself.
– TomTom think they have a community cause you can fix a street. They don’t. They have a set of customers giving data to them.

Et la dernière diapo de sa présentation, un clin d’oeil d’une seconde à Google et Ed Pardons :
As Open as my Clenched Fist – FakeEdParsons

… je soupçonne Steve C. de personnifier FakeEdParsons (http://twitter.com/FakeEdParsons). Il nie tout et le vrai Ed jure ne pas savoir qui c’est. Ce faux Ed est l’être virtuel le plus drôle de la communauté avec une phrase comme la suivante :

« Come and learn how lat49 and geocommons no longer have business models at the Google Booth » (en reference à l’annonce de Google Maps Data Api et du Maps Ad Unit).

CONCLUSION

Where 2.0, c’est LA conférence du Web 2.0, mais avec beaucoup de « géo ». Elle traite des grandes tendances du Web et de la mobilité comme l’ouverture (Open), le contenu généré par l’utilisateur (ex. : Wikipedia) la collaboration de masse (Open Source), la multiplication des APIs et l’interopérabilité, les flux de données et le contenu sur demande. S’intéresser aux dernières tendances du Web prépare et aide à comprendre et anticiper celles du géospatial.

Where 2.0 est unique car c’est la seule conférence à se pencher si bien sur la masse d’utilisateurs et praticiens sans trop vouloir absolument traiter de l’industrie « hardcore » des SIG. La conférence n’est pas axée sur le I2I (« I » pour Industrie du géospatial), très peu sur le I2B, assez sur le B2B et beaucoup sur le B2C et même le C2C.

Il est maintenant trop tard, Where 2.0 est si unique que je dois maintenant y retourner l’année prochaine…

Notes :
1. Événements
La conférence a été précédée par une journée d’
ateliers techniques le 19 mai et suivit par une autre activité les 22 et 23, le WhereCamp 2009, dans les locaux de Google. J’ai personnellement couvert une partie de la soirée du 19 et l’ensemble des conférences du 20 et 21.

2. Twitter
Durant l’événement, il était assez impressionnant de voir environ 55-60% de l’assistance carrément prendre des notes ou communiquer en temps réel via leur ordinateur portable ou leur nouveau petit netbook. Plusieurs étaient connectés dans un « chatroom », un canal IRC (#where2.0) créé pour l’événement, et d’autres, publiaient leurs observations dans Twitter.

J’ai moi-même tenté l’expérience, armé de mon netbook et compte Twitter, et donc publier des « gazouillis » tout au long de ces deux jours de conférence. Le fait de mettre les mots clés #where20 ou alors @where20 (#=à propos de et @=pour) n’importe où dans le message de 140 caractères permet de facilement retrouver tous les twits publiés avant, pendant et après l’événement. Plus de 5 000 twits ont été publiés sur la conférence, dont près de 100 issues des comptes @BALIZ_MEDIA_com ou @lucvaillancourt.

3. Paul Ramsey
J’ai rencontré l’éléphant futé (titre du blogue de Paul Ramsey) et nous avons discuté de choses et d’autres, d’Open Source, d’OpenGeo et de la conférence. Je vous suggère son
merveilleux billet résumant la conférence si vous lisez l’anglais. Il est chirurgicalement juste (assez pour que Directions Magazine re-publie son texte!).

4. GeoInWeb
Audrey Malherbe, blogueuse française de GeoInWeb y était également, ainsi qu’un autre compatriote, Pierre-Antoine Durgeat, l’un des fondateurs de Dismoioù et très ferré en LBS et réseaux sociaux géolocalisés. De beaux échanges aussi avec ces gens-là que j’avais déjà rencontrés en France. Audrey résume la
journée du 19, la soirée du 19, la journée du 20 et du 21 ici.

Ressources Web :
Les vidéos
Les photos

Sources des photographies : Good Company Communications / Duncan Davidson

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